Home / Gestion financière  / Trois erreurs à éviter pour réussir son audit de fin d’année

Trois erreurs à éviter pour réussir son audit de fin d’année

L’audit des états financiers (bilan, compte de résultat et notes annexes aux comptes) consiste à faire certifier par un commissaire aux comptes la sincérité et l’image fidèle des comptes par rapport à la situation financière

L’audit des états financiers (bilan, compte de résultat et notes annexes aux comptes) consiste à faire certifier par un commissaire aux comptes la sincérité et l’image fidèle des comptes par rapport à la situation financière et le patrimoine de votre entreprise.

Un professionnel indépendant, spécialisé dans la matière comptable, va venir réaliser un certain nombre de contrôles sur vos comptes qui portent : sur la réalité des transactions, leur exhaustivité (avez-vous bien comptabilisé tout ce que vous deviez comptabiliser ?), la correcte séparation des exercices (est-ce que le résultat que vous avez enregistré correspond bien à du résultat en lien avec des prestation de cette année et pas celui de l’année suivante ?), l’existence et la valorisation des stocks que vous retenez à l’actif (est-ce que la quantité que vous déclarez correspond bien à ce que vous avez en stock ? Est-ce qu’il n’y a pas lieu de comptabiliser une perte de valeur ?), la propriété des actifs et passifs que vous déclarez.

Pourquoi faire certifier vos comptes ?

Il s’agit d’une obligation légale pour les entités, quelle que soit leur forme juridique, qui dépassent deux des trois seuils[1] suivants à la clôture d’un exercice :

  • Total bilan : 4 millions d’euros
  • Chiffre d’affaires HT : 8 millions d’euros
  • Effectif salarié : 50 personnes

Pour un groupe, ces seuils s’apprécient à l’échelle du groupe formé par la société-mère[2] et ses filiales. Pour une filiale d’une société tenue de nommer un commissaire aux comptes, ces seuils sont ramenés aux niveaux suivants[3] :

  • Total bilan : 2 millions d’euros
  • Chiffre d’affaires HT : 4 millions d’euros
  • Effectif salarié : 25 personnes

Dans ce cas, le commissaire aux comptes est nommé pour une durée de 6 exercices.

En dehors de toutes obligations légales, une société peut faire le choix de se soumettre volontairement à un audit légal. Dans ce cas, la durée du mandat du commissaire aux comptes est limitée à 3 exercices dans le cadre d’une mission d’audit légal des petites entreprises, dite mission ALPE.  Quel intérêt pour votre entreprise ?

La signature du commissaire aux comptes est un gage de qualité et confiance pour vos partenaires que vous soyez dans une démarche de développement commercial  (clients, fournisseurs, banques). Elle signe une démarche de transparence de votre part. En outre, cette mission ALPE donne lieu non seulement au rapport classique d’opinion sur vos comptes annuels, mais également à un rapport destiné aux dirigeants et identifiant les principaux risques comptables, financiers et de gestion auxquels est exposée votre société :

**Risques comptables qui découlent de votre organisation à travers un diagnostic de vos processus internes (processus d’arrêté comptable, d’enregistrement des opérations, contrôle interne mis en place, système d’information) ;

**Risques financiers à travers une analyse de vos principaux ratios et indicateurs clés (taux de marge, excédent brut d’exploitation, capacité d’autofinancement, etc.) ;

**Risques de gestion du point de vue de la conformité aux textes légaux et réglementaires qui s’appliquent à votre société (risque sociaux, risques fiscaux, traitement des données personnelles, etc.).

Enfin il s’agit d’une bonne habitude à prendre dès aujourd’hui, surtout si votre objectif est la croissance de vos activités.

Quelle sont les trois erreurs à ne pas commettre si vous êtes auditée ?

Erreur 1 : ne pas jouer la transparence avec votre commissaire aux comptes. Il donne une opinion sur la sincérité de vos comptes et pour cela engage sa responsabilité. S’il perçoit un manque de transparence de votre part, il pourra être amené à renforcer son programme de travail (faire plus de tests, abaisser ses seuils de contrôle etc.). Pour éviter de nombreux va-et-vient et une perte de temps mutuelle, jouez cartes sur table.

Erreur 2 : ne pas conserver la piste d’audit de vos transactions. On appelle piste d’audit les éléments probants qui viennent justifier les différents flux et soldes de votre comptabilité. Cela pourra être par exemple une facture, un bon de commande, un fichier Excel de calcul, une évaluation fournie par un tiers externe. A l’instant t, il est facile de savoir pourquoi on enregistre un montant dans sa comptabilité, mais plusieurs mois plus tard, il faut être en mesure de justifier ces soldes et d’expliquer à votre commissaire aux comptes les hypothèses qui sous-tendent vos estimations comptables.

Erreur 3 : négliger le suivi de votre trésorerie. Le commissaire aux comptes accordera une attention toute particulière à ce poste qui est naturellement sensible au risque de fraude. Maintenir une réconciliation a minima mensuelle de vos comptes de trésorerie avec vos relevés bancaires constitue une bonne pratique.

S’il est courant de constater des écarts entre les deux soldes (chèques enregistrés en comptabilité et pas encore encaissés du côté de la banque, ou agios prélevés par la banque non encore reflété dans votre comptabilité etc.), des écarts importants en nombre, des écarts non justifiés, des écarts avec une forte antériorité par rapport à votre clôture seront autant d’indices d’un manque de rigueur dans le suivi de vos finances.


[1] Ces seuils ont été rehaussés dans l’art. 20 de la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi PACTE. Son entrée en vigueur en Outre-Mer se fera au 1er janvier 2021. Toujours selon cet article 20, même si ces seuils ne sont pas atteints, « la nomination d’un commissaire aux comptes peut être demandée en justice par un ou plusieurs actionnaires représentant au moins le dixième du capital. ».

[2] Attention, lorsque que la société-mère est elle-même contrôlée par une société qui a désigné un commissaire aux comptes, elle n’a pas d’obligation d’en nommer un à son niveau.

[3] L’esprit du texte étant de rendre obligatoire la nomination d’un commissaire aux comptes dans les filiales significatives.

Kadi Seydi
Diplômée d'expertise comptable et manager en audit comptable et financier.

kadi.seydi@gmail.com

Diplômée d'expertise comptable et manager en audit comptable et financier.

Review overview
NO COMMENTS

POST A COMMENT

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.