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Sada Mire, la première et unique Somalienne archéologue

Aujourd’hui, nous avons envie de mettre en lumière un destin bien particulier ; celui de Sada Mire, la toute première femme archéologue de Somalie.

Sada Mire est la première femme Archéologue et l’unique puisqu’aucune autre femme n’est à recenser dans le pays. Retour sur son incroyable parcours, qui prouvera une fois encore que la volonté et la persévérance sont les maîtres mots de tout succès.

Une enfance marquée par la violence

 

C’est en 1976 que Sada Mire voit le jour à Hargeisa, une petite ville située en Somalie. Cette partie du globe a proclamée son indépendance en 1991 et se nomme désormais région du Somaliland. Avec ses frères et soeurs, dont une soeur jumelle, Sada grandit autour de sa mère sage-femme et de son père fonctionnaire de police. Cette petite vie tranquille issue de la classe moyenne est brutalement bousculée lors de sa 12ème année, au moment où son père se fait tuer. S’en suit la guerre civile éclatant le 26 janvier 1991 qui marquera un autre tournant de taille dans la vie de la jeune Sada. La violence de cette guerre inonde les rues somaliennes, que la famille tente de fuir en basculant de camp en camp.

 

Pour quitter définitivement ce climat de noirceur, la famille Mire s’exile en Suède grâce à un droit d’asile obtenu par une des soeurs. L’adaptation à ce nouveau pays est immédiat, si bien que Sada poursuit son apprentissage de la langue avant de partir au Royaume-Uni pour intégrer l’Université de Lund. Elle se cherche, s’intéresse à plusieurs disciplines sans pour autant trouver celle qui la passionne véritablement.

Le déclic de l’archéologie

Malgré sa nouvelle terre d’accueil, Sada n’a pas pour autant oublier ses origines, l’Afrique. Elle se lance alors dans des recherches sur l’histoire de ce continent si cher à son coeur. La documentation sur l’Afrique n’est pas foisonnante, mais la marquera par la lecture d’une seule phrase « Pour écrire l’histoire africaine, il faut faire une recherche archéologique ». Il n’en fallait pas plus pour Sada, cette simple citation aura l’ampleur d’un mantra et amènera naturellement son objectif de carrière dans ce sens. Résultat ? Un cursus dans une école d’études orientales et africaines à Londres, puis un master et un doctorat en archéologie à l’University College de Londres.

L’envol d’une carrière florissante

Une fois son diplôme en poche, Sada Mire ne perd pas de temps et réalise des fouilles de terrain au Royaume-Uni, au Danemark, au Kenya, en Egypte, puis au nord de la Somalie, son pays natal. Ce sera en tant que docteur en archéologie que Sada fera son grand retour dans le pays, après 16 années d’absence. Ne cherchez pas, aucune autre femme archéologue exerce dans le pays. Après quelques fouilles, elle se rend vite compte que la terre somalienne recèle un patrimoine archéologique riche, trop longtemps caché par la tourmente de 1991. Au vu de l’absence total de Département pour le patrimoine, Sada Mire créé et supervise le Département des Antiquités de Somaliland, aujourd’hui considéré comme une branche du Ministère de la Culture et du Tourisme.

Sada Mire, une archéologue de renommée mondiale

Aujourd’hui, la petite fille somalienne est devenue une archéologue réputée, endossant également la fonction de Maître Assistant au sein de l’Université de Leyde située aux Pays-Bas, ainsi que Directrice du tourisme pour la Somaliland. Son rôle à Leyde lui permet d’effectuer une étude post-doctorale en archéologie, mais aussi en ethnographie et sur l’histoire de l’Afrique du Nord-Est, en se focalisant particulièrement sur les peuples de la Somalie, de l’Ethiopie, de l’Erythrée, du Djibouti et du Kenya.

Ses recherches en Somalie ont permis la découverte et la conservation de trésors anciens. Sa mission ?  Explorer et préserver l’héritage offert par la Somalie. Parmi ces plus grandes découvertes, on peut relever les peintures rupestres préhistoriques de Dhambalin à Somaliland ou bien la mosquée Masjid al-Qiblatayn somalienne à Zeilah datant du 7ème siècle. Son amour du patrimoine somalien l’a menée à fonder l’organisation non lucrative « Horn Heritage », afin de poursuivre son travail et d’acquérir l’inscription de plusieurs sites au Patrimoine mondial de l’UNESCO. 

En plus de ses activités, Sada participe à l’occasion à des conférences TED ainsi qu’à des comités de rédaction, notamment celui de l’African Archaeological Review. Découvrir, préserver et transmettre, ce nouvel adage semble bel et bien celui de Sada Mire.

Maeva Girardot
Rédactrice Web
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