“J’ai laissé mon Master en politique publique pour être scénariste” Olivia Biffot.

Bonjour Olivia Biffot, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Olivia Biffot, je suis scénariste et actrice Franco Gabonaise. Je suis co-scénariste et actrice principale de MAMI WATA, la 1ere Série Canal + Original du Gabon et d’Afrique Centrale. J’y joue le rôle d’Oliwina Aworet, une journaliste qui enquête sur la disparition de son petit frère. Avant ça, j’ai tourné dans Fastlife de Thomas Ngijol et dans 419 de Eric Bartonio. J’ai été formée au Théâtre de l’Œuvre par Niels Arestrup.

Quand et comment vous est venu l’amour de la comédie et surtout de l’écriture cinématographique ? Vos parents vous y ont-ils encouragés ?

J’ai grandi en regardant beaucoup de films, donc je dirais que c’est le point de départ. Étudiante je n’avais pas beaucoup d’argent mais j’avais toujours un budget cinéma, ou je louais des DVD à la bibliothèque. J’ai toujours écrit, c’est une superbe échappatoire, mais pour ce qui est de l’écriture scénaristique, c’est venu de l’envie de retranscrire des expériences de vie que je trouvais drôle. J’écrivais des saynètes comiques sur mes jobs étudiants, la collocation, etc. J’aime le format du scénario, c’est aéré, facile à lire, droit au but.

En 2019, j’ai arrêté de me mentir, j’ai pris une année pour me consacrer entièrement à l’écriture scénaristique.  J’ai écrit une série comédie, un long métrage dramatique et, j’ai rejoint l’écriture de Mami Wata.

Mes parents ne m’ont pas encouragée. J’ai un Master en Gouvernance et Politique Publique, j’avais un avenir tout tracé, ils n’ont pas compris pourquoi je laissais cette carrière pour faire un métier aussi instable.

A quel âge avez-vous tourné dans votre premier film et comment l’aviez-vous vécu ?

C’était Fastlife, j’y joue Leslie Caron.  J’ai dit à la directrice de casting et à Thomas Ngijol que j’avais 19 ans, et ils m’ont cru, donc on en restera là sur mon âge (rires). C’était une superbe expérience de tournage ! Je venais du monde corporate ou tout est codifié, tout le monde est coincé. Sur un plateau on rigole, il y a une légèreté, les gens qui sont là aiment ce qu’ils font. A la sortie du film c’était vraiment étrange de voir ma tête à la télévision.

Je me souviens, comment j’étais intimidée lors de mon premier tapis rouge.

Les flashs en plein visage, sourire, poser, c’est vraiment étrange au début quand on ne vient pas de ce monde. Durant la première à Opéra, Thomas Ngijol a vu que je n’aimais pas ça et il m’a dit en rigolant « alors ? tu as toujours envie de faire ce métier ? » et j’ai rigolé, car c’était sa façon à lui de me dire « voilà l’envers du décor».

Vous avez joué dans la série Mami Wata qui fait fureur sur Canal+. S’il ne fallait retenir qu’un message , lequel serait-il?

Celui qui me parait le plus important, c’est le message sur le viol et les conséquences dévastatrices qu’il a sur la santé mentale et le développement d’un enfant. En Afrique nous sommes encore très en retard sur les sujets de violences sexuelles faites aux femmes, et aux enfants. Il y a trop de tabous. J’ai trouvé certains commentaires sur les réseaux sociaux assez révélateurs de cette mentalité patriarcale qui blâme toujours la victime.

Y’a-t-il des scènes qui ont été difficiles à tourner ? Si oui lesquelles ?

Oui, plusieurs, mais la plus dur physiquement c’était la dernière scène.  J’ai dû plonger dans un lac à 3C. J’ai tourné en Islande, dans un lac glaciaire. Il y avait un risque d’hypothermie donc un maitre-nageur vérifiait la température de mon corps. Après, émotionnellement, la scène du combat final était la plus dure de la série. Il a fallu faire plusieurs prises, et parfois entres les prises je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer. En plus c’était la fin d’un tournage de 5 mois et demi, j’étais lessivée.

Quand les téléspectateurs s’identifient aux personnages, c’est que le boulot a été fait.

Vous attendiez vous à ce succès ? D’après vous à quoi est-il dû ? Combien de saisons sont prévues ?

Je me doutais que ça allait être bien accueilli par le public, mais je n’avais aucune idée de l’ampleur que ça allait prendre. Je pense que le succès est dû à un ensemble de choses mais le thème y joue beaucoup, Mami Wata parle à beaucoup d’Africains. Aborder cette thématique dans un projet de cette ampleur et de cette qualité c’est nouveau.  Pour le nombre de saisons, je n’ai aucune idée.

Pensez-vous avoir rapproché d’avantage les Gabonais à leur culture au travers de cette série ?

Oui clairement. Je reçois beaucoup de messages de Gabonais qui me disent que qu’ils se sentent fiers d’être Gabonais grâce à cette série. J’ai aussi beaucoup de filles qui me disent qu’elles sont « Team Oliwina » et j’ai même un papa qui m’a dit qu’il avait appelé sa fille Oliwina. J’adore ! Quand les téléspectateurs s’identifient aux personnages, c’est que le boulot a été fait.

 D’après vous Olivia Biffot, quelles sont les caractéristiques d’un bon film ?

J’adore cette question, parce qu’en réalité, les caractéristiques d’un bon film, en dehors des normes académiques, sont extrêmement personnelles. Je pourrais en parler des heures mais si je devais dire deux choses ça serait : thématique et personnages.

Pour moi un bon film c’est d’abord une thématique qui pousse à l’introspection, au débat, une histoire qui change, ou nourrit la perspective du téléspectateur sur un sujet.

Ensuite il faut des personnages uniques qui illustrent la complexité de l’humain. Tous les humains ont une part d’ombre, ce que le psychanalyste Jung appelle « le shadow self ». J’aime les films qui montrent cette complexité, qui créent de l’empathie pour tous les personnages.

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2 Comments

  • ORANGO Yan
    9 mois ago Reply

    Merci pour ce partage. C’est un réel plaisir de vous lire et d’avoir reçu cet enseignement. Fier d’être gabonais et j’espère qu’une suite à la série est prévue. Bravo !!!

  • Sylla Habib
    9 mois ago Reply

    Bonsoir Madame Olivia Moi je m’appelle Sylla sans vous mentir j’ai aimé la série Mami Watta et j’ai aimé 🥰 votre rôle Oliwina Aworé pourquoi j’ai aimé 🥰 la série je sentais que c’était notre histoire moi et ma sœur à l’époque elle avait un génie qui prenait souvent possession d’elle qui discutait avec nous mais le problème était la Deuxième épouse de mon père elle ne s’entendait pas avec elle c’était chaud elle pouvait pas faire 2 minutes avec elle . Je peux pas raconter toutes l’histoire ici 👈 mais je vais vous laisser mon Gmail vous pouvez me contacter . Vous êtes mon actrice préférée 😍🥰

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