Le statut entrepreneur étudiant : on vous dit tout.

Le statut national entrepreneur étudiant a été créé en 2014 pour proposer un environnement simple aux étudiants français souhaitant monter et développer leur entreprise tout en poursuivant leurs études. Ce statut permet de bénéficier de plusieurs avantages clefs au sein de leur formation initiale tout en disposant d’une structure d’encadrement facilitant l’épanouissement de leur entreprise.

Dans un contexte où il est de plus en plus difficile d’obtenir un contrat de travail et de s’épanouir professionnellement, le statut d’étudiant entrepreneur (EE) permet de vivre sa propre expérience et de lancer son projet. Avec un taux de chômage des moins de 25 ans croissant, les étudiants peuvent créer leur propre emploi, et pas des moindres : celui de chef d’entreprise.

Les conditions d’inscription

Le statut national EE peut être obtenu par tous les étudiants qui suivent une formation et disposent du baccalauréat (ou d’un équivalent), ainsi que par les jeunes diplômés. Pour s’inscrire, un dossier de candidature doit être rempli sur internet. Ce sont les PEPITE (Pôle Etudiants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) de chaque établissement d’enseignement supérieur qui instruisent les demandes pour le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. La qualité, la réalité et la motivation sont les trois maitre-mots pour voir sa candidature reçue.

Monter son projet et poursuivre ses études simultanément

Pour Gregory Hebinger, responsable du Pôle Entreprenariat Etudiant de l’Université de Strasbourg, le statut EE a été créé de façon à supprimer les inconvénients d’un étudiant souhaitant se lancer en offrant un cadre facilitateur et protecteur. G. Hebinger liste ici quelques-uns des principaux avantages de ce système :

un aménagement de l’emploi du temps, par exemple une substitution d’une période de stage en entreprise par le projet entrepreneurial ou une justification de certaines absences ;

un double tutorat par un enseignant (pour la réussite des études) et par un professionnel (pour l’aspect entrepreneurial) ;

un accès à des espaces de travail spécifiques aux étudiants entrepreneurs ;

l’ouverture à un réseau de professionnels et à une communauté de jeunes entrepreneurs. »

Ce dernier point apparait particulièrement important aux yeux du responsable du PEPITE de Strasbourg car le réseau d’EE leur permet d’échanger entre eux, notamment lorsqu’ils font face à l’incompréhension de leur entourage. En effet, les parents sont parfois réticents à les voir se lancer dans pareille aventure, les enseignants préfèreraient les voir exclusivement concentrés sur leurs études, tandis que leurs camarades ne comprennent pas leur investissement et le peu de temps qu’ils s’accordent pour se divertir.

Enfin, pour les jeunes diplômés, ce statut permet de conserver les avantages du statut étudiant (sécurité sociales, bourses, tarifs réduits, etc.) tout en maintenant leurs droits à Pôle Emploi.

Le D2E, le Diplôme d’établissement Etudiant Entrepreneur

Le statut EE donne également accès au diplôme facultatif d’établissement étudiant entrepreneur (D2E). Ce diplôme contribue à la reconnaissance de la démarche entrepreneuriale effectuée par l’étudiant, et ce quel que soit l’issu de son projet. Selon les établissements, les contenus de ce diplôme varient. Ils correspondent généralement à la tenue d’ateliers relatifs à la création d’entreprise.

L’argent, le nerf de la guerre

Un investissement de départ est souvent nécessaire pour lancer une activité. Financièrement, les étudiants entrepreneurs peuvent bénéficier des mêmes aides que les entrepreneurs non-étudiants. Le statut EE permet de gagner en crédibilité aux yeux des banques pour obtenir des prêts. Il apporte l’assurance, par la validation du PEPITE, de la viabilité du projet. Les étudiants entrepreneurs peuvent solliciter un prêt d’honneur à taux 0, des aides territoriales, des primes de démarrage, etc. Ils peuvent également participer à de très nombreux concours si leur projet est innovant, et notamment au Prix PEPITE Tremplin, spécifique aux étudiants entrepreneurs encadrés par un PEPITE. Selon les structures, d’autres aides financières peuvent être proposées.

Une expérience enrichissante et inestimable

Sur le plan humain, et ce quel que soit l’aboutissement du projet, les gains en compétences et en savoir-être sont inestimables. Comme l’a constaté G. Hebinger, « l’étudiant va être obligé pour développer son projet d’explorer des domaines hors de son champs de compétence et de sa zone de confort, ainsi que son réseau en s’entourant et en s’intégrant aux réseaux d’entrepreneurs ou d’innovation ». En outre, monter une entreprise nécessite beaucoup d’énergie et d’investissement pour surmonter les obstacles. Pour le responsable du PEPITE de Strasbourg, « cela permet aux porteurs de mieux se connaitre, d’appréhender leur résilience, leur capacité à surmonter les échecs et les difficultés, ainsi qu’à fédérer autour d’eux ».

Les étudiants entrepreneurs sur le marché du travail

Sur le plan sociétal, la valorisation de l’entrepreneuriat dès la sortie du lycée s’inscrit dans une volonté de soutien de l’innovation sur le sol français. « Les sociétés actuelles recherchent de plus en plus de profils entreprenants, ce statut désacralise la création d’entreprise. De plus, quel que soit le succès de l’entreprise, le statut EE amène des garanties aux recruteurs sur ce type de profil. Bien sûr, pour les projets qui marchent, cela créé de l’emploi » déclare G. Hebinger.

Créé il y a moins de 5 ans, il est encore difficile de tirer des conclusions sur les retombées du statut EE et sur le devenir des étudiants entrepreneurs vis-à-vis de leurs sociétés. Pour G. Hebinger, « l’objectif est avant tout de former des profils d’entrepreneurs plutôt que des entreprises ».

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