Home / Carrière  / La place du cheveux crépus dans le monde du travail.

La place du cheveux crépus dans le monde du travail.

Sujet qui a été traité maintes et maintes fois, il a été démontré et éprouvé

Sujet qui a été traité maintes et maintes fois, il a été démontré et éprouvé que la relation entre les cheveux crépus et l’emploi est clairement tendue dans les sociétés occidentales. 

Longtemps, et même encore aujourd’hui, le type de cheveux dits afro a été perçu comme une référence à deux époques marquantes dans l’histoire des Hommes : la première, l’esclavage, et la deuxième, la radicalisation des groupes de lutte contre la discrimination raciale aux États-Unis. 

Cette association crée encore des situations compliquées à vivre pour les afro-descendants. Partagés entre le désir de liberté quant à leur choix capillaires et la peur de choquer ou d’être rejetés dans le monde du travail.  

Les origines de la stigmatisation 

Revenons en arrière, à l’époque où les Noirs étaient considérés comme faisant partie de la race inférieure. En opposition, les Blancs dominaient sur ce monde esclavagiste. 

Pour catégoriser les esclaves Noirs, la couleur de peau, les traits du visage, mais aussi les cheveux crépus servaient de repères. 

A contrario, les cheveux lisses et les caractéristiques physiques caucasiennes permettraient de conforter les Blancs dans leur désir d’appartenance à la “race” dominante. 

Plus proche de notre société actuelle, la lutte pour la défense des droits des citoyens Noirs-Américains dans les années 60 et 70, a été portée par des figures emblématiques, homme comme femme, qui arboraient leur afro fièrement et ainsi lançaient un mouvement de valorisation du cheveux crépu. 

Après l’effet de mode des Seventies, la dissolution de ces groupes politiques fit retomber cet engouement laissant place à une volonté forte de s’intégrer dans les sociétés menées par ceux “aux cheveux lisses”.  Et le chemin le plus facile pour y arriver, était de ressembler au type caucasien, donc cela impliquait de modifier l’apparence de sa chevelure. La lisser, l’étirer au maximum au risque de l’abîmer… 

L’héritage dans nos cultures et nos vies d’aujourd’hui 

L’image du cheveux crépus  est divisée en deux courants distincts. D’un côté, les Afro-descendantes qui pensent que le cheveux crépu doit être dompté, lissé pour paraître plus sérieuse. D’ailleurs, j’observe souvent ce changement de regard en fonction de la situation : au travail, lissage et chignon de rigueur, mais le week-end ou en famille, afro, nattes, tresses, turban,… Tout est permis ! 

 De l’autre côté, ce mouvement Nappy qui prône le naturel avant tout. Beaucoup de femmes Noires donnent plus de valeur à leur chevelure et apprennent à l’entretenir, l’aimer, le choyer et le montrer avec fierté. C’est une véritable intégration du cheveux dans la (re)construction de l’identité de la femme Noire. 

Dans certaines familles, il est encore coutûme de vivre des moqueries de la part des siens, voire parfois de la méchanceté ou pire du racisme ordinaire. Celles qui portent des dreadlocks sont associées à la consommation de certains stupéfiants, celles qui portent des afros peuvent s’entendre dire  “Jackson Five”. 

Une acceptation conditionnelle ? 

Mais alors, comment se fait-il que le cheveux naturellement crépus soit admis dans certaines situations mais pas d’autres ? 

Ces secteurs professionnels, où nos sœurs ne s’autorisent pas la même liberté en fonction d’où elles travaillent, imposent-ils leur image du cheveux crépu considéré comme négligé, pas professionnel ? 

Certains témoignages de discriminations à l’embauche vont encore dans ce sens, malheureusement.  

“La direction n’acceptera pas”, “le client risque de désapprouver”, “personnellement cela ne me dérange pas, mais pour l’image de l’entreprise … ” 

Il y a des métiers, dans l’artistique, l’événementiel par exemple, où arborer une coiffure laissant apparaître la nature du cheveux est considéré comme tendance, original ou un signe identitaire ou même de personnalité forte. 

Pendant que d’autres, secteur bancaire ou juridique (pour ne tous les citer), une telle image n’est pas tolérée. 

Discrimination et estime de soi 

Vivre dans cette dualité a-t-elle une influence néfaste sur l’estime de soi ? Sachant que l’image de soi est une composante de l’estime de soi, il est difficile de croire que le fait d’accepter de modifier son apparence pour s’intégrer dans une entreprise, n’acceptant pas le cheveux crépu dans son état naturel, n’a pas d’impact sur l’image que la femme Afro-descendante à d’elle-même. 

Quelque part, tout cela nous renvoie à cette époque colonialiste. Malgré que les lois européennes interdisent tout discrimination raciale à l’embauche, dans les faits cette pratique est loin d’être éradiquée et maîtrisée. 

Accepter de tuer une partie de son identité pour s’intégrer n’aide certainement pas la femme Noire à s’affirmer et s’aimer inconditionnellement. 

Aujourd’hui, certaines d’entre nous refusent de se plier aux dictats de la société contemporaine et ainsi d’essayer de rentrer dans un moule qui n’est certainement pas fait pour toutes les cultures. 

Et demain ? 

Il ne faut pas nier qu’il y a une certaine évolution dans la considération et la valorisation de notre culture, mais la marge de progression est encore importante. 

Les préjugés seront certainement un jour détruits laissant place à une société où l’on pourra apercevoir une femme Noire, porte-parole du gouvernement, porter son afro dans créer de polémiques. 

Commençons par rééduquer nos enfants sur l’importance d’être fiers de nos héritages et de notre identité. 

Celine Nodanche-Petit
Conseillère en images - Coach en développement personnel
Celine Nodanche-Petit on FacebookCeline Nodanche-Petit on InstagramCeline Nodanche-Petit on Linkedin

coaching@celinenp.com

Conseillère en images - Coach en développement personnel

Review overview
1 COMMENT
  • Avatar
    Manuella 09/05/2020

    ✊🏾✊🏾✊🏾

POST A COMMENT

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.