« Quand je rêvais d’être actrice, ce n’était jamais en France » karidja touré

« J’ai été repéré à la foire du Trône ». Ce sont les mots de Karidja Touré il y a 6 ans pour le magazine ELLE. La jeune actrice fait ses débuts dans le cinéma avec un rôle dans le film Bandes de filles réalisé par Céline Sciamma sorti en 2014.

Elle y joue Marieme, une jeune fille en quête de liberté, ce qui lui vaudra la nomination du meilleur espoir féminin aux César de 2015. Et si c’était son premier rôle, ce ne fut sûrement pas le dernier.

L’étoile montante du cinéma français

Née à Bondy le 14 février 1994, elle grandit dans le 15ème arrondissement de Paris. Après un bac pro comptabilité, elle entame un BTS assistant-manager. C’est durant ses études supérieures qu’elle se voit proposer de jouer dans ce qui sera son premier tournage. Le rêve qui devient réalité. Pour la radio « Mouv’ » elle explique : « J’ai toujours voulu être actrice. (…)

Mais quand j’en rêvais, ce n’était jamais en France. Je me disais que si je veux l’être, il faut que je bosse mon anglais au lycée pour aller aux Etats Unis, car ici c’est impossible. » L’actrice se dit d’ailleurs fan de séries afro-américaines telles que « Scandal » ou « Murder ». Dans le métier, la diversité des rôles qu’elle peut représenter lui plaît. Depuis, elle fait son petit bout de chemin et a joué dans une dizaine de films comme Ce qui nous lie de Cédric Klapish ou le plus récent Tout nous sourit réalisé par Mélissa Drigeard.

« J’arrive dans les coulisses pour les retouches et on me laisse dans un coin m’expliquant qu’ils n’ont pas ma teinte. Sans culpabiliser, comme si c’était normal. »

Dénoncer le racisme pour changer les choses

Karidja explique au Figaro Magazine refuser systématiquement les rôles caricaturaux. Elle fut d’ailleurs partie du casting du livre « Noire n’est pas mon métier » avec 15 autres femmes dont Aïssa Maïga et Sonia Rolland. Elle se joint à leurs côtés pour dénoncer le racisme existant dans le milieu du cinéma français. Invitée sur la chaîne télévisée BET pour en parler avec Aïssa Maïga et Firmine Richard, elle explique une de ses anecdotes figurant dans le bouquin. Invitée aux César de 2016 pour remettre un prix, l’équipe de maquillage se voit impossible d’effectuer les retouches nécessaires avant son passage par manque de maquillage adapté à sa couleur de peau.

Il faut que je bosse mon anglais au lycée pour aller aux Etats Unis, car ici c’est impossible.

« C’est comme si on te disait que tu n’avais pas ta place ici ou que l’on ne t’y imaginait pas. J’arrive dans les coulisses pour les retouches et on me laisse dans un coin m’expliquant qu’ils n’ont pas ma teinte. Sans culpabiliser, comme si c’était normal. » confie-t-elle. Mais avec la multitude de rencontres qu’elle peut faire dans le cinéma et les opportunités qui lui sont proposées, Karidja reste optimiste. Elle est confiante sur le fait que les choses peuvent changer, à condition que tout le monde s’y mette, point qu’elle détaille dans « Noire n’est pas mon métier ». 

Il y a 2 ans, toujours pour la Chaîne de radio « Mouv’ », elle disait espérer jouer un jour dans une comédie musicale ou dans un film d’action. Alors c’est tout ce qu’on lui souhaite, en plus du fait qu’elle puisse continuer de briller.

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